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dimanche 15 mars 2026

8.30 - MON AVIS SUR LE FILM JERRY SOUFFRE DOULEUR DE JERRY LEWIS (1964)


 Vu le Film Jerry Souffre Douleur de Jerry Lawis (1964) avec Jerry Lewis Ina Balin Peter Lorre Scatman Crothers Keenan Wynn Evererr Sloane Phil Harris Richard Deacon 

Un comédien célèbre périt dans un accident d'avion. Les membres de son équipe de direction, craignant d'être sans emploi, décident de trouver quelqu'un pour prendre sa place. Stanley Belt est un groom à leur hôtel et ils décident qu'il deviendra leur prochaine star. Stanley n'a pas de talent évident, mais ses nouveaux directeurs utilisent leur pouvoir pour lui ouvrir des portes, y compris une apparition sur The Ed Sullivan Show, mais il apparaît que Stanley ne développera jamais de talent. 

Avec Jerry souffre‑douleurJerry Lewis s’amuse avec un milieu qu’il connaît bien : celui du spectacle et surtout de la télévision, univers impitoyable où la gloire peut tomber… ou être fabriquée de toutes pièces. Ici, Stanley Belt, brave garçon un peu lunaire et souffre-douleur professionnel, apprend brutalement à ses dépens que dans ce monde-là, la camaraderie est souvent une illusion et que ses « amis » peuvent surtout être… ses pires producteurs. 

L’histoire est simple mais efficace. Lorsqu’une grande vedette de télévision disparaît accidentellement, toute l’équipe de la chaîne cherche un remplaçant docile, malléable, bref quelqu’un que l’on pourra modeler à volonté. Leur choix se porte sur Stanley, interprété par Lewis lui-même, qui devient du jour au lendemain le projet médiatique le plus improbable de la télévision. Le problème, évidemment, c’est qu’on ne transforme pas si facilement un homme maladroit en star nationale. 

C’est là que le film trouve son ressort comique : Stanley va subir un entraînement absurde pour devenir vedette. Cours de danse, leçons de chant, conseils de charme… tout passe par le filtre du burlesque de Jerry Lewis. Et comme souvent chez lui, la maladresse devient un art à part entière. Occasion rêvée pour Lewis de faire l’imbécile, mais avec une précision comique toujours redoutable. 

Il faut dire que Lewis ne se contente pas d’être l’acteur principal : il met aussi en scène le film, et cela se ressent dans le rythme. Sa mise en scène privilégie les gags visuels, les ruptures de ton et les situations volontairement absurdes. Certaines séquences semblent presque improvisées, comme si Lewis profitait du film pour tester des idées comiques ou simplement pour jouer avec son personnage. 

Le scénario reste volontairement léger. On sent bien que l’objectif n’est pas de construire une satire féroce de la télévision, mais plutôt un terrain de jeu pour son comique. Pourtant, derrière la farce, se glisse une petite ironie sur ce monde où l’on fabrique des stars comme on fabrique un produit. 

Autour de lui, le casting est savoureux et parfois inattendu. On retrouve notamment Peter Lorre, figure mythique du cinéma fantastique et noir, ici dans l’un de ses derniers rôles. Sa présence donne au film une petite saveur mélancolique, presque étrange. À ses côtés, Keenan Wynn et John Carradine, eux aussi habitués à des rôles plus sombres, participent avec un plaisir visible à cette comédie déjantée. 

Le film s’amuse aussi à multiplier les apparitions et les clins d’œil. On peut ainsi reconnaître Scatman Crothers, le toujours élégant George Raft, ou encore les célèbres The Four Step Brothers, grandes stars des claquettes, qui apportent une touche de spectacle et de music-hall à l’ensemble. 

Car oui, Jerry Lewis ne se prive de rien : il chante, danse, se déguise et multiplie les numéros. Tout cela participe à l’esprit du film, qui ressemble parfois davantage à une revue comique qu’à une véritable intrigue narrative. 

Soyons honnêtes : ce n’est pas le meilleur film de Jerry Lewis. Le scénario reste mince et certaines situations s’étirent un peu. Mais ce n’est pas vraiment le but recherché. L’essentiel est ailleurs : voir Lewis jouer avec son personnage, tester des gags, et transformer chaque scène en terrain de jeu burlesque. 

Et puis il y a ce plaisir un peu contagieux : lui s’amuse, et nous aussi. Ce qui est, après tout, le principal. 

Jerry souffre-douleur n’est peut-être pas un grand film, mais c’est un divertissement sympathique, porté par un Jerry Lewis fidèle à lui-même : clown génial, incontrôlable et toujours prêt à transformer la moindre situation en numéro comique. 

Pour se divertir… pas plus, mais pas moins non plus. 

NOTE : 8.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Et dans leurs propres rôles :

Dans la séquence au Copa Café, le groupe de dance afro-américain The Four Step Brothers (en), l'un des groupes de danse acrobatique et de claquettes les plus fameux, exécute un numéro en première partie. Les Four Step Brothers ont effectué plusieurs apparitions avec Jerry Lewis et Dean Martin, en particulier dans la Colgate Comedy Hour au début des années cinquante.

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