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mardi 30 décembre 2025

15.70 - MON VOISIN TOTORO DE HAYO MIYASAKI (1999)

 


Vu le Film d’Animation Mon Voisin Totoro de Hayo Miyasaki (1999) 

Deux petites filles, Mei et Satsuki, viennent s'installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l'hôpital où séjourne leur mère. Elles vont découvrir l'existence de leurs nouveaux voisins, invisible aux yeux des autres humains, des créatures merveilleuses, mais très discrètes : Grand Totoro, Moyen Totoro (Chū-Totoro) et Petit Totoro (Chibi-Totoro). Avec son ventre rebondi, Totoro est un être rare et fascinant, un esprit de la forêt... Il se nourrit de glands et de noix. Il peut voler, se déplacer en « Chat-Bus ». Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques... 

Mon Voisin Totoro est sans doute l’un des films les plus épurés et les plus lumineux de Hayao Miyazaki. L’histoire tient à peu de choses : deux petites filles, Satsuki et Mei, s’installent à la campagne avec leur père pendant que leur mère est hospitalisée. Rien de spectaculaire, aucune quête héroïque, aucun antagoniste. Et pourtant, tout est là. 

Miyazaki choisit le point de vue de l’enfance pure, celle qui observe le monde sans le juger. La nature devient alors un terrain d’émerveillement permanent : les arbres respirent, la pluie chante, le vent est un compagnon invisible. Dans cet univers, Totoro apparaît non comme un monstre, mais comme une présence tutélaire, un esprit bienveillant né de l’imaginaire et de la terre. 

Les créatures de Miyazaki sont ici oniriques sans être inquiétantes. Le Chat-Bus, les Noiraudes ou Totoro lui-même incarnent cette frontière floue entre rêve et réalité, là où l’enfance sait encore circuler librement. Fait rare dans son œuvre : il n’y a pas de méchant, ni de conflit frontal. Le seul danger est intérieur, diffus, lié à l’absence, à la peur de perdre, à l’angoisse silencieuse de l’attente. 

Visuellement, le film est d’une beauté simple et organique. Chaque plan respire l’amour du détail, des saisons, des gestes quotidiens. La mise en scène refuse l’esbroufe pour mieux capter la poésie du réel. La musique de Joe Hisaishi accompagne le film comme une berceuse, douce et mémorable, jamais envahissante. 

Mon Voisin Totoro, c’est un peu le Mistral gagnant de Miyazaki : un bonbon sucré, innocent en apparence, mais qui pique la curiosité et laisse une émotion durable. Le film parle aux enfants directement, sans filtre, mais touche les adultes par ce qu’ils ont perdu en chemin : la capacité à croire sans preuve. 

Peut-être le film le plus destiné aux enfants du maître japonais, mais aussi l’un des plus universels. Un poème animé sur la patience, la douceur et la magie du quotidien. Un film d’une pureté rare, qui ne raconte pas une aventure, mais un état d’âme. 

NOTE : 15.70

FICHE TECHNIQUE

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