Vu le Film Le Roi Soleil de Vincent Mael Cardona (2025) avec Pio Marmai Panayotis Pascot Lucie Zhang Sofiane Zermani Maria de Medeiros Joseph Olivennes Nemo Schiffman ZiangZen Pan Claude Aufaure
Dans le bar-pmu « Le Roi Soleil » situé à côté du château de Versailles, les deux policiers Livio et Reda prennent leur verre de fin de journée et rencontrent un habitué, Monsieur Kantz. Celui-ci compare ses numéros de loto avec ceux du tirage actuel. C'est alors que Kantz se rend compte qu'il vient de gagner plus de 294 millions d'euros. Le vieil homme n'en croit pas ses yeux et part encaisser son gain, mais il oublie le billet de loterie dans le bar, Monsieur Kantz revient dans le bar pour récupérer son ticket et se prend une balle perdue.
Après le très joli Les Magnétiques, Vincent Maël Cardona revient avec Le Roi Soleil, un deuxième long métrage plus ambitieux, plus bordélique aussi, et clairement moins sage. Un film qui part dans tous les sens, mais un joyeux bordel, revendiqué, presque jouissif, où le réalisateur semble surtout s’être fait plaisir à offrir de beaux espaces de jeu à ses comédiens.
Le décor principal est un bar PMU de banlieue, quasi huis clos, lieu banal par excellence, mais parfait pour faire surgir le chaos. Rien à voir avec Louis XIV ici : le Roi Soleil, c’est un ticket de loto gagnant à plus de 294 millions d’euros (bon, le montant est clairement exagéré, mais on s’en fiche). Le problème, c’est que le gagnant se prend une balle dans le bar avant d’aller encaisser. Qui a tiré ? Qui savait ? Et surtout, qui va finir par empocher la mise ?
Le scénario fonctionne comme une farce noire déguisée en thriller, avec une narration à tiroirs, des cadavres pas toujours exquis, et une galerie de personnages tous plus suspects les uns que les autres. La maîtrise n’est pas totale, c’est évident, mais l’ennui, lui, ne s’invite jamais à la table. Cardona joue avec les genres, les codes, et parfois les dépasse, parfois les perd, mais avance toujours avec une énergie contagieuse.
Côté casting, c’est clairement l’un des gros plaisirs du film. Pio Marmaï est impeccable, fidèle à lui-même, brut, nerveux, toujours juste. Panayotis Pascot, pas vraiment comédien à la base, continue de surprendre : il est étonnamment précis, naturel, jamais en surjeu. Le reste du casting existe davantage comme un ensemble que comme des individualités, aucun rôle n’étant véritablement mis en avant, ce qui renforce l’aspect choral et chaotique du récit.
La mise en scène épouse ce désordre : caméra souvent nerveuse, dialogues qui fusent, piques bien senties, humour grinçant et sens du rythme. Certaines répliques font mouche, apportant une légèreté bienvenue à une histoire pourtant macabre. On sent l’exercice de style, parfois trop visible, mais assumé.
La fin, en revanche, ne tient pas vraiment la route. Le film s’essouffle, se cherche une conclusion qu’il ne trouve qu’à moitié. Mais au fond, ce n’est pas si grave. C’est pas Versailles ici. Ce qui compte, c’est le trajet, pas l’arrivée.
Le Roi Soleil est une belle surprise bordélique, imparfaite mais vivante, un film qui ose, qui tente, qui trébuche parfois mais ne s’écroule jamais. Un joyeux foutoir cinématographique qui donne surtout envie de suivre Vincent Maël Cardona dans ses prochains projets. Et ça, c’est déjà beaucoup.
NOTE : 12.80
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Vincent Maël Cardona
- Scénario : Vincent Maël Cardona, Olivier Demangel
- Photographie : Brice Pancot
- Montage : Flora Volpelière
- Musique : Delphine Malaussena
- Production : Toufik Ayadi, Christophe Barral
- Sociétés de production : Easy Tiger, Srab Films, Studiocanal
- Société de distribution : Studiocanal
- Budget : 6,6 millions d’euros
- Pio Marmaï : Livio
- Lucie Zhang : Esmé
- Sofiane Zermani : Reda
- Maria de Medeiros : Picon-Lafayette
- Panayotis Pascot : Abel
- Joseph Olivennes : Erwan
- Némo Schiffman : Comar
- Xianzeng Pan : Nico
- Claude Aufaure : Monsieur Kantz

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