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lundi 10 avril 2017

DECES DE ARMAND GATTI POETE, CINEASTE ET AUTEUR DE THEÂTRE ET LIBERTAIRE

Le poète et auteur dramatique Armand Gatti, défenseur d’un théâtre engagé et novateur, est décédé ce jeudi 6 avril à l’âge de 93 ans, a annoncé le directeur de sa compagnie, La Parole errante, située à Montreuil.
Armand Gatti « est mort à l’hôpital Begin (à Saint-Mandé), son cœur s’est arrêté ce matin », a affirmé Jean-Jacques Hocquard, à la tête de la compagnie La Parole errante. Armand Gatti « écrivait toujours », a-t-il souligné.
Né Sauveur Dante Gatti le 26 janvier 1924 à Monaco, il s’était engagé pendant la Seconde guerre mondiale comme résistant en Corrèze. Et a été arrêté en 1943. Plus tard, il a rejoint Londres puis a pris part à la campagne de France comme parachutiste. Cette expérience va considérablement nourrir son œuvre.
Après la guerre, il fut chroniqueur judiciaire, puis reporter (Le Parisien libéré, Paris Match, L’Express…). Il remporte le prix Albert-Londres 1954, pour une enquête sur les dompteurs de fauves avant de se consacrer exclusivement au théâtre à la fin des années 1950.
C’est Jean Vilar qui crée en 1959 sa première pièce au TNP, mais Crapeau-buffle, qui « fait éclater les structures de l’écriture et de la mise en scène », est mal accueillie par la critique. En 1968 La Passion du général Franco est interdite.
Obnubilé par le besoin de toucher le public populaire, Armand Gatti l’insoumis renonce rapidement au théâtre traditionnel et multiplie à partir de 1968 les expériences, auprès d’immigrés, délinquants, défavorisés et détenus, dans des ateliers de création populaire, menés à travers la France.
Il puise ses sujets dans l’actualité et ses voyages (Chine, Cuba, Amérique latine, Irlande), utilise de multiples formes d’expression (audiovisuel, lecture de textes) et développe ses créations collectives en usine, collège, prison ("L’Arche d’Adelin", "Le Chat guerrillero", "le Canard sauvage", "La première lettre").
Sa production théâtrale où le mythe se marie au quotidien au travers d’une écriture lyrique, est abondante et a été réunie dans neuf volumes au Seuil, pour la seule période allant de 1958 à 197
À partir de 1973, il se consacre à la Parole errante, ateliers d’écriture et d’élaboration de spectacles avec ceux qu’il appelle « ses loulous » (analphabètes, chômeurs, immigrés, marginaux, prisonniers).
En 1976, Armand Gatti avait été invité avec sa troupe, 1976 à Saint-Nazaire, la Tribu, à orchestrer avec les habitants une expérience de création collective. Sa présence avait déchaîné les passions en pleine préparation du Programme commun. Gatti affrontait alors les communistes, membres de la majorité municipale moins hostiles que lui au grand frère soviétique.
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