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dimanche 19 mars 2017

MON AVIS SUR "AUX CHIOTTES " DE MATTHIEU MOERLEN (Absurde et poétique à souhait)


À partir du moment où elle est reconnue, l'absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes (Albert Camus)

Après son film sur le Crowdfunding sans Crowdfunding « 3 Days In Séoul » qui lui a permis d’avoir sa cohorte de fans féminines venant de Corée du Sud (et pourtant un film sans choré) , après son incursion sur le Tapis Rouge de Deauville pendant le Festival à la recherche de Will Ferrel pour « I Will Ferrel », le serial-réalisateur Matthieu Moerlen (oui Sérial car il se cache derrière plusieurs pseudonymes, dans ce cas Damien Blanc) qui signe après Les anciens l’appelaient chaos (sous son vrai connu de la police) que je vous avais présenté l’année dernière, son nouveau film « Aux Chiottes » une nouvelle vision du monde absurde dans lequel on vit, même si on ferme les yeux au passage de peur d’être infecté.

Et bien non, l’absurde, l’irrationnel ne doit pas être mis au banc de la société, ouvrons les yeux, aérons notre cerveau et évitons le formatage qui ont fait les mauvaises heures de notre histoire, passons au-dessus de la censure, et voyageons quelques instants dans l’esprit d’Alfred (Jack Servoz) en tous cas jusqu’à la salle d’attente d’un aéroport parisien.

Aux Chiottes raconte l’histoire d' Alfred, artiste peintre constipé, en transit dans un aéroport parisien. Il est usé, il ne peint plus, au grand désarroi de son manager (Matthieu Moerlen) qui se ronge les ongles du manque d’implication de son poulain, pour qu’il peigne une nouvelle toile (l’appât du gain, plus que de l’œuvre en soi-même) et également de sa jeune copine qu’il trimballe comme un trophée (l’Ours et la Poupée). Ce trio ne va pas être invisible longtemps dans cet aéroport faisant le bonheur ou la stupeur des autres voyageurs en transit.

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Alfred va alors se réfugier dans les toilettes, autant pour être tranquille que vouloir déféquer, d’où l’avantage d »’avoir des toilettes dans les aéroports (sinon imaginez-vous), ou coincer entre des rouleaux de papiers culs roses (pourquoi rose mystère, un signe politique ?) Alfred va avoir une vision qui va lui permettre de remettre la main à la pâte, mais quand on n’a pas de pinceaux on fait avec les moyens du bord.

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Non Alfred, ne va pas utiliser son zizi comme Brent Ray Frazer, mais ses mains et son cerveau pour réaliser une œuvre plein de jets, de spasmes, de fulgurance artistique à l’aide de peu d’éléments en sa possession, comme des produits ménagers, du papier cul ou surtout du savon du distributeur, et va essayer si on l’emmerde pas de construire son œuvre.

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Je vous le garant, vous ne regarderez plus un distributeur de savon comme auparavant, quand vous en rencontrez un, du savon qui ne colle pas à la peau d’Alfred, mais glisse aux pays des merveilles.
Matthieu Moerlen est un prince de l’absurde assurément et c’est de petite chose il en fait un grand n’importe quoi d’irrationnel, qu’on ne peut prédire à l’avance dans la tête de ce grand cerveau malade.

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Matthieu même avec son talent de l’absurde comme il le montre sur la toile avec ces pastilles de la Web Série « La vie absurde de deux connards » (que je vous conseille vivement pour vous dilater la rate, un petite pastille le matin avant le boulot va vous éclaircir la tête pour la journée) qu’il concocte avec son fidèle destrier Joachim Delmotte (et destrier n’est pas une insulte, car Don Quichotte sans Sancho Panca ne serait pas ce qu’il est à vouloir comme un con, chassez les moulins à vents, oui l’absurde et la connerie ne date pas d’hier)., a ici l’intelligence de laisser Jack Servoz lui servir un moment de folie qui correspond bien au personnage, car on a l’impression de loin, que Matthieu laisse le champ libre au personnage qu’il a créé soit, mais qui donne sa pleine mesure dans les mains de Servoz.

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Puis quand Alfred sort de ces toilettes, ou finalement il n’a pas déféqué, Matthieu reprend la main, avec une scène irréaliste dans le commissariat de l’aéroport, ou son manager est interrogé par l’élite (ou plutôt les litres) de la Police Nationale (avec l’accent du Sud), ou Alfred à côté pourrait passer pour un intellectuel, on repasse dans la loufoquerie après ce moment de tendresse dans les toilettes, je croyais jamais écrire qu’on avait de la tendresse en allant aux toilettes.

Toilettes non plutôt aux chiottes, comme souvent aux unes de Charlie Hebdo, dont Matthieu est un digne héritier.

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Récemment j’ai vu un film « Swiss Army Man » qui pourrait être tourné par Matthieu, ou l’absurde est de la première image à la dernière, présente comme l’univers du cinéma de notre petit Suisse préféré, enfin petit pas vraiment, en haut de ces 1m90 et ses flocons de neige, Matthieu a plus le loisir de survoler la connerie humaine et d’en faire son déjeuner quotidien.

Jack Servoz l’artiste du film vous connaissez pas et bien je ne suis pas sûr, il y a des personnages comme Servoz qui quand on les croise on ne les oublie pas, ce qui d’ailleurs est arrivé aux deux compères ici, qui se sont rencontrés dans la rue par hasard (si on croit au hasard).

Aucun texte alternatif disponible.

Jack Servoz est un peintre, danseur et poète français et breton qui sillonne les galeries d’arts de Paris et de France depuis des années amenant sa poésie et sa colère dans ses œuvres sur la toile, où il rencontrera dans sa carrière et ses virées nocturnes des gens aussi importants qu’Aragon, Vittez, Maurice Béjart Noureïev, Bob Wilson ou Franco Zefirreli, lui le grand fan de Bacon ou Basquiat.
Servoz fait partie de ces personnes indispensables à la vison d’une autre culture que la soupe fade que l’on nous sert souvent.

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Servoz formidable et sympathique artiste est aussi le papa d’un jeune mannequin célèbre Willy Cartier que l’on peut voir sur les rings de Gauthier, Lagerfeld ou Chanel ou dans les clips de Woodkid, Shy’m et Souchon.

Aux Chiottes, est très bien filmé comme tous les films de Matthieu et c’est déjà un plus, pas de caméra hésitante, tout sont est millimétré avec toujours une bande musicale à hauteur de l’œuvre.
Assez incroyablement, La production du film a eu l’autorisation de la direction des Aéroports de Paris de filmer à l’intérieur des lieux, ce qui est un grand coup quand on connait l’Etat d’Urgence en place en France.

L’image contient peut-être : 3 personnes

Bon il est vrai, on voit pas d’avion dans le film, mais je pense que c’est un problème de droit d’image de ces starlettes de carlingues, mais bon comme l’équipe n’avait pas les moyens de construite un aéroport, la gentillesse de la direction a permis à Matthieu de développer son délire.

Je ne sais pas contre si la scène des toilettes a été tournés là-bas, scène incroyable car filmé dans un endroit aussi exigu avec des glaces et reflets partout n’était pas une sinécure et un exploit des équipes techniques, en tous cas si pendant quinze jours vous n’avez pas pu utiliser les toilettes c’est à cause de Matthieu et Jack qui ont laissés leurs traces indélébiles sur les murs.

L’image contient peut-être : 1 personne, deboutL’image contient peut-être : 1 personne, assis et intérieur

A l’arrivée Matthieu et son équipe sont à la hauteur de leur réputation et nous laisse embarquer dans leurs délires, leurs absurdités (l’alcool n’est pas bon pour la santé) et trace leur chemin vers un premier long métrage que je suis sûr ne va pas tarde,  quand les producteurs et télévisions seront moins aveugles et frileux et mettront moins d’argent dans des comédies françaises qui ne font plus rire, lui Matthieu me fait rire.


Bientôt j’espère le court-métrage en entier en attendant la Bande-Annonce pour vous donner l’eau à la bouche et vous nettoyer celle-ci avec le savon des toilettes.



FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Matthieu Moerlen
Scénario : Matthieu Moerlen
1er Assistant Réalisateur : Joachim Delmotte
Assistant Réalisateur ; Olivier Mancardi
Production : Jieun Lee et Mr Jadis
Musique : Sophren, Ty Segall, Thee and Sees et Gillian Hills

DISTRIBUTION

Jack Servoz : Alfred 
Matthieu Moerlen : Le Manager
Charlotte Fox
Julie Josselin
Isabelle Trehet
Fabian Ferrari
Lionel Laget
Fabien Binetti
Philippe Kersale
Walter Shnokerll
Luis Lagren
Florian Velasco
Thomas Olland
Marc Henri Dupont
Joaquim Delmotte
Brice Landverlin
Serge Vincent
Sébastien Defresne
Nastassia Girard
Florie Auclerc
Zita Childman
Lefteris Dotsios

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